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APPEL À COMMUNICATION - Colloque international " Corporéité des formes brèves. Structuration et déstructuration "

Publié le 20 octobre 2017 Mis à jour le 20 octobre 2017

Appel à communication pour le colloque international : "Corporéité des formes brèves. Structuration et déstructuration" qui aura lieu les 19-20 avril 2018 à L'Université Paris Nanterre. Ce colloque est organisé par le GRELPP (Groupe de Recherche en Littérature, Philosophie et Psychanalyse) avec le soutien du CRIIA (centre de recherches ibériques et ibéro américaines) - EA 369 Études Romanes et avec la participation de l'ED 138 Lettres, Langues et Spectacles et l'UFR LCE Langues et Cultures Étrangères de l’Université Paris Nanterre.

Date(s)

le 30 décembre 2017


Appel à communication :


Dans le cadre de ses travaux de recherche sur la littérature de langue espagnole, le laboratoire du GRELPP (Groupe de Recherche en Littérature, Philosophie et Psychanalyse) de l'Université Paris Nanterre organise un colloque international consacré aux formes brèves. Ce colloque propose principalement de topographier ces formes littéraires, de recenser et d’étudier leurs caractéristiques. En tant que canalisateurs formels et culturels de multiples formes de dire le temps et l’espace de la vie moderne, les formes brèves - telles des brèches protéiformes et mouvantes -nous ouvrent des perspectives sans cesse renouvelées ; par ces interstices, on peut lire et comprendre un monde auquel on accède depuis trop longtemps par les chemins les plus pratiqués. C’est ainsi qu’elles nous permettent de détruire l’idée d’une réalité ordinaire constituée d'un seul bloc. Par ailleurs, il s’agirait d’un outil transversal qui combine et associe, voire transcende différents genres.
Lorsque George Poulet définit la forme brève comme « une ombre, une esquisse, une silhouette», il met en avant l'aspect éthéré, difficilement saisissable, de cet objet littéraire à la fois visible et diffus. Bien que la relation comparative et contrastive entre chacune des manifestations littéraires de la forme brève soit toujours complexe, une délimitation des frontières du sujet s'impose. En effet, « le bref » se caractérise par sa polymorphie – laquelle brouille et confond sa définition –, il peut être de longueur variée et prendre différentes apparences. Les plus souvent répertoriées sont l'aphorisme, le micro-récit, le récit, le conte, la nouvelle, la poésie, l'épigraphe, le dicton, ou encore la devinette. Ces shots littéraires – aussi courts qu’intenses – font que chaque coup de plume se doit de gagner par knock-out là où, selon Julio Cortázar, le roman gagne aux points.
Cependant, aujourd’hui encore, les formes brèves, versatiles et inclassables, ne constituent
toujours pas un genre à part entière ; en effet, elles se parent non seulement des couleurs des autres genres, mais également des atours de l'univers imagé pour construire leur corporéité. Leur hybridité, issue tant de la transtextualité que de l’intermédialité, remet en cause, d'une certaine façon et presque en soi, les formes d'expression classiques (le roman, la poésie, le théâtre, le journalisme, etc.) Cela étant, les formes brèves ne se cantonnent pas à « dire le moderne » : contrairement aux idées reçues, qui affirment que leur extension les empêche d'embrasser une expression exhaustive, ces formes sont capables de dire le réel – et, plus précisément, l’intime - en cassant les codes littéraires préétablis et en fixant, au passage, de nouveaux codes littéraires par le biais desquels il est possible d’accéder à l’expression de l’indicible. De ce fait, elles semblent atteindre ce qui n'est jamais véritablement atteint par les autres formes littéraires, si ce n'est dans l'habitude d'un dire trop connu, toujours retrouvé et exprimé de la même manière. Bien qu’elles soient situées au bas de l'échelle sélective de la littérature classique, les formes brèves constituent toujours un projet d'écriture novateur et alternatif qui pourrait bien être la quintessence et l'une des composantes les plus stimulantes du renouveau littéraire. Les questionnements qu’elles suscitent recoupent ainsi des champs de l’étude littéraire aussi divers que vastes ; dans le cadre de ce colloque, les axes de réflexion suivants permettront de balayer le spectre de cette influence plurielle dans le respect des singularités des formes brèves.

Axe 1 : Corporéité des formes brèves.
Il s'agira dans un premier temps d'interroger l’aspect évanescent et polymorphique de
l'architecture et de la substance des formes brèves. Nous nous intéresserons aussi bien aux
périmètres qui délimitent ces formes courtes qu’aux paramètres qui caractérisent leur nature et régissent leur mécanique. Pour cela, il sera intéressant par exemple de se pencher sur la manière dont ces différentes manifestations formelles s’appuient sur la transtextualité et l’intermédialité.

Axe 2 : Formes brèves dans une perspective diachronique.
Au-delà d’une divulgation écrite, les formes brèves proviennent d’une tradition orale très ancienne. Le regard porté sur cette ascendance nous amène à nous interroger sur leur genèse et leur évolution. Ont-elles connu des procédés de transformation ? Dans ce rattrapement perpétuel, les résultats de ces transformations participent-elles au renouveau littéraire et éditorial ? Dans cette perspective, quels paramètres chronologiques est-il possible d’établir ?

Axe 3 : Remise en cause des autres familles littéraires.
Les formes brèves reposent sur la dichotomie paradoxale entre interdépendance et autonomie avec et face aux familles littéraires traditionnelles. Elles se situent à la lisière des genres tout en conservant un lien imbrisable avec eux, précisément parce qu'elles évoluent à la fois en eux et en leurs marges, toujours dans l'entre-deux, toujours sur le seuil. Comment les formes courtes deviennent-elles un nouveau modèle pérenne qui interroge continuellement les familles littéraires traditionnelles ?

Axe 4 : La forme brève, quintessence du renouveau littéraire ?
Le dernier axe proposé par ce colloque interrogera le rapport des formes brèves à l’aristocratie littéraire. Peu valorisées, marginales ou alternatives, de nos jours, les formes brèves représentent une innovation littéraire et culturelle en soi : blogs littéraires, fanfics, anthologies en ligne, etc. Ces nouvelles constructions impliquent-elles nécessairement un parricide des formes littéraires classiques ? Ces formes brèves à dimension démocratique - c'est-à-dire largement vulgarisées - sont-elles en marge de l'aristocratie littéraire ? Trouvent-elles leur place dans l’édition classique dans une époque où la concision est le leitmotiv du quotidien ? Quelle peut être leur place dans la littérature de demain ?
 

Comité d'organisation  :


Les doctorants du GRELPP :
  • David Barreiro Jimenez,
  • Elena Geneau,
  • Alexia Grolleau,
  • Camille Lamarque
  • Héloïse Vian.
 

Comité scientifique  :

  • Caroline Lepage, professeure des universités à l'Université Paris Nanterre
  • Mercé Pujol, professeure des universités à l'Université Paris Nanterre
  • Françoise Aubès, professeure émérite de l’Université Paris Nanterre
  • Amadeo López, professeur émérite de l’Université Paris Nanterre
  • Javier Perucho, professeur à l’Université Nationale Autonome du Mexique (UNAM)
  • Pía Barros, auteure et spécialiste des formes brèves (Chili)
  • Nuria Rodríguez Lázaro, professeure des universités à l'Université de Bordeaux-Montaigne
  • Ana María Shua, auteure et spécialiste des formes brèves (Argentine)
  • Graciela Villanueva, professeure des universités à l'Université Paris-Est Créteil
  • Erich Fisbach, professeur des universités à l'Université d'Angers
  • Manuelle Peloille, professeure des universités à l’Université d’Angers

Retrouvez l'affiche de cet appel à communication en pièce jointe en Français et en Espagnol ainsi que  la bibliographie


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Mis à jour le 20 octobre 2017